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Le Rhône et ses aménagements

Fonctionnement d'un tronçon court-circuité

Qu’est-ce qu’un tronçon court circuité : c’est une portion du Rhône où la majeure partie de son débit est déviée vers un canal artificiel construit en parallèle.

Sur le territoire du SMIRCLAID, ce canal a été conçu dans les années 1970, pour produire de l’électricité à partir du débit d’eau déviée : c’est l’hydroélectricité.

Du même coup, le débit passant aujourd’hui dans le Rhône est très faible par rapport à avant : seulement 1 à 2 % en fonctionnement normal.

Par ailleurs, la navigation passe également désormais dans le canal artificiel, mais plus par le Rhône.

Enjeux quant à la préservation du Rhône

Les différents aménagements et usages du fleuve ont eu plusieurs impacts localement :

Casiers de Limony

- La diminution du débit sur le Rhône « naturel » a provoqué un assèchement progressif des milieux naturels, et du coup une diminution de leur diversité,
- La création d'un barrage pour détourner les eaux vers le canal artificiel, a sonné le glas de la navigation sur le Rhône « historique » et du cycle de reproduction des poissons,
- L'abaissement conséquent du niveau de la nappe phréatique causée par les nombreux prélèvements d'eau (industriels, agricole ou domestique) a pour effet une raréfaction de la ressource et un assèchement des sols mettant en péril l'écosystème et la forêt alluviale, filtre naturel.

 

Le Plan Rhône est un Contrat de Projet Interrégional qui s'étale de 2007 à 2013, avec pour ambition d'assurer un développement durable du fleuve.

Pour atteindre ces objectifs, le Plan comprend 6 volets :

  1. « Patrimoine et culture » : promouvoir la culture rhodanienne, son patrimoine, son identité.
  2. « Tourisme » : assurer à partir du fleuve et de ses berges le développement d’un tourisme de qualité.
  3. « Inondations » : concilier la prévention des inondations et les pressions d’un développement urbain et des activités humaines en one inondable.
  4. « Qualité des eaux, ressources et biodiversité » : garantir la qualité des eaux, le partage de la ressource et préserver la biodiversité.
  5. « Energie » : assurer le développement de la production d’énergie du couloir rhodanien dans le respect de l’environnement.
  6. « Transport fluvial » : gérer la demande exponentielle de déplacements dans la vallée du Rhône par un report modal vers la voie d’eau.

Présentation du fleuve et ses aménagements

Tout commence en Suisse à plus de 300 km à vol d'oiseau d'ici, au glacier de la Furka. Là bas, le Rhône prend sa source à 1750m d'altitude. Il traverse ensuite le lac Léman. Il entre alors en France, où il parcourt 500 km avant d'arriver dans la mer Méditerranée. C'est le plus puissant des fleuves francais !


Par ici, le Rhône a été aménagé pour produire de l'électricité, un canal d'amenée dévie 90% de l'eau du Rhône vers une centrale hydroélectrique. Malheureusement cet aménagement a eu un impact sur le fonctionnement naturel et écologique du Rhône, notamment sur la partie du fleuve du vieux Rhône, parallèle au canal d'amenée.


Dans le détail, l'aménagement est constitué  :


- d'un barrage qui dévie le débit du fleuve vers le canal artificiel,

- d'un canal de dérivation sur lequel est installée la centrale hydroélectrique et l'écluse pour la passage des péniches. La partie avant l'usine électrique est qualifiée de canal d'amené, et celle après l'usine qualifiée de canal de fuite,

- du Rhône qui a gardé tout son caractère naturel : ses anciens bras et ses îles, témoins d'un fleuve préservé, ne sont visibles que sur les linéaires du Rhône qui sont « court-circuités ». Sur tout le linéaire du Rhône, il existe plusieurs secteurs court-circuités, dont 6 ont été répertoriés comme prioritaires dans le Plan Rhône pour la restauration écologique du fleuve ( de l'amont vers l'aval) : Haut Rhône (Chautagne, Belley, Brégnier-Cordon), Miribel-Jonage, Pierre-Bénite, Péage-de-Roussillon (celui du SMIRCLAID), Montélimar et Donzère-Mondragon.

Histoire du fleuve

Au 18 et 19 ème siècle : le Rhône avait un lit large (environ 2 Km), avec des îles nombreuses (graveleuses ou boisées) et  des chenaux multiples qui changeaient au gré des crues et du temps. C'était un fleuve impétueux et courant capable de se déplacer latéralement, c'est-à-dire d'aller installer son lit à plusieurs centaines de mettre de là où il se trouvait. Une première évolution va alors s'installer progressivement : le réseau d’écoulement va se simplifier et Le Rhône adopter peu à peu un chenal unique. Les facteurs naturels et  facteurs humains en sont mutuellement responsables, par la réduction des apports sédimentaires depuis le 19esiècle (changement climatique de la fin du Petit Age de Glace, reboisement des versants, extractions de granulat, abandon des terres incultes...).

Puis vont se succéder au cours du dernier siècle, 2 vagues d'aménagements:

- A la fin du XIXèmesiècle, les aménagements conduits par l'ingénieur Girardon, vont modifier définitivement le fonctionnement du fleuve: des digues insubmersibles sont construites dès 1840 dans le but de concentrer le passage des eaux dans le centre du fleuve, et ainsi augmenter les hauteurs d’eau pour faciliter la navigation. Pour cela deux lignes de digues basses parallèles reliées par des tenons perpendiculaires ont été mises en place, formant ainsi des casiers, dits casiers Girardon. Rendu ainsi « prisonnier » de ces casiers, le lit du Rhône va perdre sa possibilité de se déplacer latéralement, et subit un enfoncement généralisé de son lit (1.5 m), asséchant du même coup les bras secondaires du Rhône. - En 1977, la CNR aménage le canal de dérivation afin d'y détourner la majeure partie des débits du fleuve. Un ancien ingénieur qui a particié à la construction du canal raconte :   Parallèlement, des pompages industriels, agricoles et d'eau potable sollicitent de plus en plus la nappe phréatique qui accompagne le fleuve. C'est pourquoi le seuil de Peyraud, situé sur le vieux Rhône en aval de Sablons, est construit en 1979 afin de maintenir la nappe avec une ligne d’eau à un niveau topographique de 131,4 m, même si son effet n'annule pas entièrement l'impact des pompages.